La Chaire UNESCO en transmission culturelle chez les Premiers Peuples et le Pôle sur les transitions en enseignement supérieur procédaient le 12 février dernier, au Cégep de Jonquière, au lancement du documentaire « Oser s’élever contre le racisme »,
un outil qui vise à enrichir nos milieux d’apprentissage et à promouvoir la diversité et l’inclusion. Intégrée à la programmation du collège pour les « Journées de la persévérance scolaire », cette diffusion vient clôturer la tournée de diffusion réalisée dans les établissements d’enseignement supérieur de la région.
Ce documentaire suit le parcours de neuf personnes issues de plusieurs nations autochtones qui relèvent le défi de faire du cinéma engagé. À travers un processus de formation, de réflexion et de cocréation de courts métrages, ils expriment leurs expériences face au racisme et proposent des stratégies de rapprochement interculturel.
Réalisé par Gabriel Vieira, en collaboration avec La Boîte Rouge VIF, ce documentaire est le fruit d’un partenariat entre le Pôle sur les transitions en enseignement supérieur et la Chaire UNESCO en transmission culturelle chez les Premiers Peuples. Il a été produit dans le cadre du projet « Rapprochements entre collectivités autochtones et allochtones », dirigé par Mathieu Cook. Ce film s’appuie sur des actions mises en place dans le cadre de l’initiative « Pédagogies sociales innovantes (PSI) » qui a permis d’accompagner les neuf jeunes d’identités autochtones à travers des ateliers de formation à la création audiovisuelle et qui a mené aussi à la naissance du regroupement « Mamuitun Ishipitenitamun | Mamuaitunanuatsh | Un ensemble qui se respecte ».
Plus de 200 personnes de la communauté étudiante du cégep et différents partenaires assistaient à la projection et étaient ensuite invités à engager la discussion avec l’équipe de recherche ayant produit le documentaire, accompagnée de membres du regroupement.
Le 22 novembre dernier, le Centre des Premières Nations Nikanite de l’Université du Québec à Chicoutimi, en collaboration avec le Pôle sur les transitions en enseignement supérieur a offert une formation intitulée « Initiation à la sécurité culturelle dans le cadre de l’intégration des perspectives autochtones en santé ».
Destinée aux enseignant.e.s et aux stagiaires en sciences infirmières et en physiothérapie de l’UQAC, cet atelier a été animé par Utapi Consultants , une entreprise autochtone à mission sociale, spécialisée dans les services visant à sensibiliser et à former des allié.es pour soutenir les causes autochtones. Cette formation marque une première étape vers l’élaboration d’outils et de pistes de solution pour l’inclusion des perspectives autochtones pour les programmes de la santé destinés aux cinq établissements en enseignement supérieur de la région.
Cette rencontre, accueillie avec enthousiasme par les participantes et participants et les formatrices, a permis d’ouvrir un dialogue essentiel pour avancer vers des pratiques plus inclusives en santé, dans une perspective de réconciliation.
Synopsis
Le documentaire Oser s’élever contre le racisme met en scène dix participant.es issu.es de plusieurs communautés autochtones qui relèvent le défi de devenir des cinéastes engagé.es. À travers un processus de formation, de réflexion et de cocréation de pièces
audiovisuelles, ils et elles communiquent au monde leurs vécus en matière de racisme et de discrimination. Leurs productions proposent des stratégies pour parvenir à de meilleures relations interculturelles. C’est sur cette voie qu’ils et elles ont formé le groupe de cinéastes engagé.es Mamuitun Ishpitenitamun | Mamuaitunanuatsh | Un ensemble qui se respecte. Le documentaire présente également des pratiques de dialogue interculturel
développées par des organismes au Québec dans des domaines aussi variés que la radio communautaire, les expositions muséales et l’action communautaire.
Pour cette présentation
L’objectif de cette présentation est de projeter la version provisoire du documentaire, recueillir les commentaires et discuter des possibilités d’utilisation dans les cégeps et à l’université auprès de publics divers (étudiant.es, enseignant.es, professionnel.les,
employé.es de soutien, etc.). L’équipe de recherche ayant produit le documentaire ainsi que des participant.es du projet présenteront le documentaire et animeront la discussion.
Contexte
Ce documentaire est le fruit d’un partenariat entre le Pôle sur les transitions en enseignement supérieur et la Chaire UNESCO en transmission culturelle chez les Premiers Peuples. Il est réalisé par le cinéaste et chercheur Gabriel Vieira, en collaboration avec la
Boîte Rouge VIF. Il s’inscrit dans le cadre du projet Pédagogies sociales novatrices (PSN) qui accompagne depuis deux ans des participant.es issu.es de communautés autochtones du Canada dans une démarche de formation, de réflexion et de création collective. Le
documentaire, qui est toujours en cours d’élaboration, vise une diffusion des résultats de cette démarche dans les centres d’enseignement supérieur de la province. Il comprend également des entrevues avec des personnes ayant développé des pratiques de
rapprochement interculturel, dans le but de faire le pont entre différentes initiatives qui contribuent à lutter contre le racisme et la discrimination à l’endroit des nations autochtones.
La première réunion de la Table régionale autochtone pour l’enseignement supérieur (TRAPES), tenue le 31 janvier dernier, marque un jalon dans le paysage éducatif du Saguenay–Lac-Saint-Jean et concrétise une démarche de mobilisation élargie pour soutenir les transitions vers l’enseignement supérieur des étudiantes et étudiants autochtones.
Cette mobilisation, initiée par le Pôle sur les transitions en enseignement supérieur et son chantier de la transition vers l’enseignement supérieur des Premiers Peuples, rassemble de façon paritaire des intervenant.es de Pekuakamiulnuatsh Takuhikan de la communauté de Mashteuiatsh, du Conseil Atikamekw d’Opitciwan, d’organismes autochtones tels que les Centres Mamik et Puakuteu ainsi que des établissements d’enseignement secondaire, collégial et universitaire de la région. La table est un résultat tangible des échanges tenus lors de la deuxième édition des Rencontres régionales autochtones, qui s’est déroulée le 21 septembre 2023 au Musée Ilnu de Mashteuiatsh, où les défis et intérêts communs à collaborer ont été identifiés.
La création de cette table témoigne de l’engagement collectif en faveur de la facilitation des transitions des étudiantes et étudiants autochtones vers l’enseignement supérieur. Elle sera un lieu de réseautage, de partage d’information, d’amélioration du continuum de services, de développement d’actions régionales concertées dans une approche de coconstruction par et avec les Premiers Peuples.
Alors que l’organisation de la troisième édition de la Rencontre régionale autochtone s’amorce, la mise en place de la Table régionale autochtone portant sur l’enseignement supérieur et les partenariats envisagés représentent des avancées concrètes vers une éducation plus accessible et inclusive pour les étudiantes et étudiants autochtones dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Le 12 janvier dernier, le Pôle sur les transitions en enseignement supérieur, avec son chantier sur la transition vers l’enseignement supérieur des Premiers Peuples, présentait un webinaire portant sur la recherche Favoriser les transitions afin de soutenir la persévérance scolaire des étudiantes et étudiants autochtones au Saguenay–Lac-Saint-Jean et dévoilait les outils de transfert développés par le Comité de recherche sur les transitions aux études supérieures des étudiants.es autochtones.
Les professeures Nathalie Sasseville et Marie-Pierre Baron de l’UQAC, Josée Thivierge du centre ECOBES Recherche et transfert, ainsi que Karolanne Vachon, assistante de recherche, ont présenté les résultats de leur recherche collaborative soutenue par le Pôle sur les transitions en enseignement supérieur. La présentation a mis en lumière les défis vécus par les étudiantes et les étudiants des Premiers peuples, les enjeux liés à l’accueil et à l’accompagnement, les mesures de soutien existantes ainsi que des pistes d’action pour la communauté étudiante autochtone, leurs proches et les intervenants des milieux scolaires.
Un remerciement spécial à Madame Mélanie Boivin, directrice des Centres Mamik, dont la participation a ajouté une dimension significative à la rencontre en partageant son témoignage sur le partenariat établi dans le cadre de la recherche et la portée de celle-ci.
Vous pouvez dès maintenant consulter l’enregistrement du webinaire ainsi que les outils qui y ont été présentés en cliquant sur le lien ci-dessous.
Rappelons que ces outils ont été conçus dans le but de mettre en place des conditions favorables aux transitions dans un environnement qui valorise les cultures autochtones.
Nous espérons que ce webinaire et ces outils contribueront à renforcer les initiatives visant à soutenir la persévérance scolaire de la communauté étudiante autochtone.
Nous tenons à remercier une fois de plus nos conférencières pour leur engagement ainsi que les participantes et les participants pour leur contribution à la réussite de cet événement.
Le 21 septembre dernier, quelques cinquante participants se sont rassemblés à l’occasion de la 2e édition des rencontres régionales annuelles du chantier de la transition vers l’enseignement supérieur des Premiers Peuples, l’un des 5 chantiers du Pôle sur les transitions en enseignement supérieur.
Comité du chantier 3
L’événement, qui a eu lieu au Musée Ilnu de Mashteuiatsh, réunissait des invités de divers horizons : des acteurs engagés en éducation des communautés de Mashteuiatsh et d’Opitciwan, des établissements d’enseignement secondaire, collégial et universitaire et d’organismes de la région tels que les Centres Mamik. Dans une volonté de pleine concertation avec les Premiers Peuples, les organisateurs ont veillé à une représentation autochtone significative au sein du groupe. La présence des étudiantes et étudiants des Premières Nations fréquentant les cégeps de la région ou l’UQAC a également été assurée.
Cette journée visait à améliorer la concertation et la collaboration des organisations autour des transitions des étudiants autochtones vers l’enseignement supérieur. Les acteurs ont cerné les enjeux des différentes organisations sur la question, envisager des pistes de solution collectives et des collaborations régionales pour soutenir les transitions.
Rappelons qu’une première édition, tenue en juin 2022, avait permis d’établir des pistes d’actions prioritaires et de réaffirmer l’engagement des directions des établissements d’enseignement supérieur à mieux soutenir les transitions des étudiants des Premiers Peuples.
Comité de recherche sur les transitions aux études supérieures des étudiantes et étudiants autochtones
« Je me sentais prête pour le cégep, mais dans le fond, j’étais pas prête. J’étais toute seule, gênée et le Centre Mamo [Meskanaw] de mon collège m’a beaucoup aidée. »
Étudiante Innu et Atikamekw du Collège Alma
« Ce qui m’a aidée, que je remarque maintenant, c’est les espaces qui sont faits pour nous, c’est important et sécurisant. Et ils sont beaux, en plus. »
Étudiante Ilnu à l’UQAC
« Ce qui m’a aidé, c’est l’inclusivité au Cégep…. c’est full inclusif. J’ai tissé des liens avec d’autres minorités, des liens …. qui vont rester… »
Étudiant Atikamekw du Cégep de Chicoutimi
Ateliers collaboratifs
L’événement a ensuite mis en action tous les participants par le biais d’ateliers de travail collaboratif.
« On pense souvent que nos enjeux sont différents mais on s’aperçoit qu’on a les mêmes défis… ça peut nous aider à améliorer ce qu’on fait parce que… on pense qu’on en fait beaucoup pour les aider à se rendre au post-secondaire, mais on voit bien qu’il faudrait s’améliorer encore. »
Mélissa Launière, directrice éducation main d’œuvre Pekuakamiulnuatsh Takuhikan
À l’issu de cette rencontre, il ressort que de nouvelles collaborations régionales pourraient voir le jour pour favoriser l’accès, la persévérance et la réussite éducative des étudiantes et étudiants autochtones au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
« Il y a le Centre Mamik, les services dans les établissements, le travail dans les communautés, comment on peut travailler ensemble en réseau? Comment on peut faire ensemble, se positionner chacun pour être complémentaire pour mieux aider l’étudiant? Il faut créer un réseau éducation régional pour arrimer nos actions. »
Mélanie Boivin, Directrice des Centres Mamik Saguenay-Lac-St-Jean
Prochaine édition
Une troisième rencontre régionale devrait d’ailleurs avoir lieu l’an prochain pour partager les stratégies déployées et les retombées observées à ce jour, des projets réalisés par le Pôle sur les établissements en enseignement supérieur.
[1] Comité de recherche sur les transitions aux études supérieures des étudiants.es autochtones. (2023). Favoriser les transitions afin de soutenir la persévérance scolaire des étudiants.es autochtones au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Université du Québec à Chicoutimi; ÉCOBES – Recherche et transfert, Cégep de Jonquière.
En novembre 2022, Nathalie Sasseville et Marie-Pierre Baron, toutes deux chercheuses à l’UQAC ainsi que Josée Thivierge, chercheuse pour ÉCOBES, ont annoncé les objectifs d’une vaste étude visant à favoriser les transitions des communautés étudiantes autochtones au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Cette annonce se déroulait dans le cadre du colloque sur la persévérance et la réussite scolaire chez les Premiers Peuples, à l’Université Laval. Nous voici quelques mois plus tard, enorgueillis de pouvoir dévoiler l’entièreté du rapport de recherche qui contribuera à bonifier les interventions des acteurs gravitant autour des étudiant(e)s autochtones.
Les réponses transparentes et généreuses des étudiant(e)s des cinq établissements d’enseignement supérieur de la région ont permis de répondre aux objectifs initiaux de la recherche. Les données qualitatives recueillies ont permis d’identifier les principaux freins à une transition vers les études supérieures réussie, mais surtout des pistes de solutions nommées par les étudiant(e)s autochtones de la région eux-mêmes.
De même, il a été constaté que les intervenants des cinq établissements d’enseignement supérieur n’en sont pas tous aux mêmes étapes en ce qui a trait à la sécurisation culturelle. La volonté est maintenant qu’il y ait un continuum, notamment interordres, entre les organisations afin de mieux soutenir les étudiant(e)s autochtones, sur l’ensemble du territoire du Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Rappelons que le chantier portant sur la transition vers l’enseignement supérieur des Premiers Peuples soutiendra cette démarche régionale : une action tangible pour contribuer à faciliter l’accès et la réussite de la communauté étudiante autochtone.