La transition vers l’enseignement supérieur des Premiers Peuples

Développer une vision concertée et des actions régionales communes qui contribueront à réduire les obstacles d’accès aux études supérieures, à favoriser la persévérance scolaire et à augmenter la représentativité des étudiantes et étudiants autochtones dans les établissements postsecondaires, ceci dans une optique d’inclusion, d’équité et de justice sociale.

Cette mobilisation vise notamment à dresser le portrait régional des besoins et des défis à relever dans une démarche pour le développement de projets porteurs, par et avec les communautés des Premiers Peuples afin d’amorcer des transformations plus profondes au sein des établissements.

Objectifs du chantier

Optimiser les transitions vers l’enseignement supérieur par et avec les Premiers Peuples

QUATRE OBJECTIFS SPÉCIFIQUES

1.  Assurer la pleine participation des Premiers Peuples aux travaux du chantier

Moyens :

      • Se doter d’une structure de concertation régionale
      • Organiser des rencontres régionales annuelles
      • Collaborer avec les organismes autochtones, les représentant∙es de l’éducation de Mashteuiatsh et autres communautés selon les projets

2. Collaborer aux projets de recherche régionaux en vue d’en maximiser les retombées sur les transitions

Moyens :

      • Participer activement au projet de recherche de l’UQAC : Favoriser les transitions afin de soutenir la persévérance scolaire des étudiant.e.s des Premières Nations au Saguenay–Lac-Saint-Jean 
      • Agir comme agent∙es de liaison dans les établissements d’enseignement supérieur pour soutenir les chercheur∙es
      • Tenir une activité d’animation post-recherche pour analyser les résultats, cibler et prioriser les moyens facilitant la transition académique et sociale

3. Améliorer la représentation des étudiant∙es des Premiers Peuples dans les institutions d’enseignement supérieur

Moyens :

      • Favoriser la sécurisation culturelle des étudiant.e.s autochtones
      • Contribuer au développement de voies d’accès aux études supérieures
      • Communiquer aux établissements les besoins en matière de formations destinées aux Premiers Peuples
      • Documenter et informer les étudiant∙es des modes de soutien financier
      • Mener des actions de communication avec les Premiers Peuples pour promouvoir l’enseignement supérieur
      • Revisiter, valoriser et améliorer le processus d’auto-identification des étudiant∙es autochtones

4. Promouvoir l’inclusion des perspectives autochtones dans les institutions d’enseignement supérieur

Moyens :

      • Favoriser la sécurisation culturelle à un niveau institutionnel
      • Créer le dialogue autour de la décolonisation des institutions d’enseignement supérieur
      • Structurer la démarche de décolonisation et d’inclusion des perspectives autochtones dans les programmes
      • Collectiviser les actions en soutien à la valorisation culturelle

Contexte et défis de la transition

Les membres des Premières Nations sont moins nombreux que les
allochtones à détenir un diplôme postsecondaire. Les plus récentes
données ont démontré que 25 % des Premières Nations de plus de 15 ans avaient un diplôme postsecondaire comparativement à 52 % de toute la population du Canada.[1]

L’écart entre les taux de diplomation aux études supérieures prend
racine dans la réalité sociohistorique des populations autochtones,
alors que l’éducation visait leur assimilation en effaçant toute trace de leur culture d’origine. Il faut rappeler qu’en plus des pensionnats qui ont marqué les générations, la Loi sur les Indiens déterminait jusqu’en 1984 qu’un membre issu des Premières Nations perdait son statut lorsqu’il obtenait un diplôme universitaire.[2]

En plus de l’expérience du choc culturel et de l’isolement pouvant être vécue, les réalités auxquelles sont confrontés les étudiants et étudiantes autochtones en transition dans le nouveau milieu scolaire allochtone peuvent conduire au renoncement du projet d’études. Les enjeux peuvent être multiples, entre autres :

  • L’éloignement géographique de la famille et de la communauté requis pour accéder aux établissements d’enseignement supérieur qui ne sont pas à proximité.
  • Les obstacles financiers, par exemple pour l’étudiante ou l’étudiant n’ayant pas accès à un programme de soutien.
  • La barrière linguistique lorsque la langue maternelle de l’étudiante ou l’étudiant est une langue autochtone et que le français ou l’anglais est sa langue seconde.
  • Les défis inhérents aux parcours scolaires atypiques en contexte de retour aux études ou en tant que parent étudiant.
  • Les micro-agressions, préjugés et racisme dont les étudiantes et étudiants autochtones sont susceptibles d’être victimes.
  • Le manque de repères culturels dans le nouvel environnement d’études ne contribuant pas au développement du sentiment d’appartenance.
  • L’absence ou la méconnaissance de services culturellement adaptés ou encore la méfiance envers ceux-ci.
  • Les défis d’inclusion et d’équité au sein des établissements.

[1] Statistique Canada, 2018

[2] La Loi sur les Indiens du Canada visait « l’émancipation » des Indiens, tel que le stipule l’article 109, c’est-à-dire ne plus être légalement un Indien et posséder tous les attributs de la citoyenneté. Un amendement de 1880 retire automatiquement le statut d’Indien à ceux qui obtiennent un diplôme universitaire. Les dispositions concernant l’émancipation ne seront levées qu’en 1985 (https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/indian-act).

Documentation

Portrait des étudiants autochtones
Enquête sur la réussite à l’enseignement collégial

— IRIPII ET ÉCOBES (Avril 2023)

Favoriser les transitions afin de soutenir la persévérance scolaire des étudiant(e)s autochtones au Saguenay-Lac-Saint-Jean

— UQAC et ÉCOBES (2023)

Comprendre et soutenir les transitions scolaires harmonieuses chez les jeunes autochtones en milieu urbain

— Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec (2020)

Favoriser la persévérance et la réussite éducative des étudiants autochtones au postsecondaire

— Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec (2020)

Rapport Étudiants des Premiers Peuples en enseignement supérieur

— CAPRES (2018)

Le comité de chantier

Les projets

Projet 1 - Table Régionale Autochtone Pour l'Enseignement Supérieur: TRAPES

Table Régionale Autochtone Pour l’Enseignement Supérieur: TRAPES

Le projet de création d’une table de concertation (la TRAPES) est un incontournable pour la mise en place de projets novateurs, de partenariats et d’actions concertées pour soutenir la transition et la persévérance scolaire des étudiantes et étudiants des Premiers Peuples.

Cette table régionale de concertation permettra de réunir les différents intervenantes et intervenants intersectoriels concernés par l’enseignement supérieur pour répondre adéquatement aux besoins et au développement de l’éducation pour les étudiantes et étudiants des Premiers Peuples et aux réalités et attentes des communautés autochtones.

Ce modèle structurant de collaboration sera un lieu de discussions, d’échanges, de création et de contributions à l’élaboration, à l’adoption et à la mise en œuvre d’un plan de développement collectif. Cette structure représentative régionale permettra une planification stratégique et une gestion intégrée des préoccupations et actions du milieu, et ce, dans le respect des mandats et des responsabilités de tous les intervenants concernés.

Projet 2 - Rencontres régionales annuelles sur les transitions vers l'enseignement supérieur des Premiers Peuples

Rencontres régionales annuelles sur les transitions vers l’enseignement supérieur des Premiers Peuples

Le projet consiste à organiser une rencontre régionale annuelle sur les transitions vers l’enseignement supérieur des Premiers Peuples, en prévision des trois prochaines années (2022, 2023 et 2024). Ces rendez-vous seront l’opportunité de diffuser les travaux du comité visant à optimiser les transitions et encourager la concertation avec la participation des communautés des Premiers Peuples. À terme, ces rencontres permettront également une plus grande mobilisation de tous les acteurs des établissements d’enseignement de la région.

1ère édition

Réalisée en juin 2022, cette édition a réuni les membres du comité de chantier avec les membres de direction des établissements d’enseignement supérieur du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Elle a permis  d’exposer l’état de la situation régionale, de faire ressortir les enjeux institutionnels et les engagements requis pour atteindre les objectifs et créé des périodes d’échanges sur ces questions et sur les développements et engagements possibles.

2e édition

Le second rendez-vous prévu en 2023 prévoit une invitation plus large :

  • aux acteurs œuvrant dans le domaine de l’éducation dans les communautés;
  • aux parties prenantes des établissements d’enseignement et organismes de la région engagés auprès des étudiantes et étudiants autochtones;
  • aux principaux concernés, les étudiantes et étudiants des Premiers Peuples des divers ordres d’enseignement.

À cette occasion, les membres du comité pourront présenter les chantiers entrepris pour soutenir les transitions à l’intérieur des établissements d’enseignement supérieur de la région et ainsi conjuguer le partage d’expertises et d’outils conjoints développés. Des périodes d’échanges pourront permettre d’entendre les besoins des communautés pour appuyer les transitions et répertorier d’autres problématiques et identifier des pistes de solution à considérer. L’activité permettra de réfléchir aux actions du comité, d’évaluer et d’enrichir les interventions à la lumière des échanges.

3e édition

En ce qui a trait au troisième rendez-vous de 2024, il pourra être de la même nature que celui de la seconde édition, en partageant l’évolution des travaux du comité de chantier entre intervenantes et intervenants engagés auprès des étudiantes et des étudiants des Premiers Peuples. Cette édition pourrait être de plus grande envergure avec des invitations élargies à tous les membres du personnel des établissements d’enseignement de la région. Elle pourrait prendre la formule d’une journée de mobilisation pour l’optimisation des transitions des populations autochtones en enseignement supérieur.  Par le partage de pratiques mettant en valeur les actions concertées et diversifiées agissant positivement sur les transitions, les participantes et participants pourront être inspirés à se mobiliser et se mettre en action dans leurs milieux respectifs.

Projet 3 - Inclusion des perspectives autochtones dans les programmes d'études

Comme ailleurs au Québec, les institutions d’enseignement supérieur de la région ont déjà entrepris des initiatives d’inclusion des perspectives autochtones dans certains cours et programmes de formation. Ces expériences mènent au constat du manque d’outils pour soutenir et harmoniser le processus de décolonisation et d’inclusion des perspectives autochtones. La progression, la qualité et la cohérence des travaux en sont freinés. Par ailleurs, il appert que ces travaux doivent être réalisés en co-construction, en étant à l’écoute des voix autochtones, en harmonie avec leurs visions.

Le projet consiste donc à développer des outils transférables visant à soutenir ces processus dans les établissements en faisant appel à des collaborateurs et collaboratrices autochtones. Ces outils seront particulièrement utiles aux conseillères et aux conseillers pédagogiques, en appui aux équipes enseignantes, qui veulent enrichir leurs approches, diversifier leur contenu et intégrer la démarche de décolonisation à l’intérieur du cycle de vie des programmes. Dans les visées actuelles, le développement de ce projet sera notamment enrichi par des communautés de pratique à mettre en place pour développer des outils porteurs en vue de desservir tous les établissements d’enseignement supérieur.

Ultimement, ce projet vise les retombées suivantes:

  • Outiller le personnel des établissements scolaires et encourager leur engagement dans le processus;
  • Déployer des actions concertées en matière de décolonisation et d’inclusion des perspectives autochtones;
  • Renforcer la sécurisation culturelle des étudiantes et étudiants grâce aux initiatives qui se multiplient;
  • Contribuer à la Réconciliation en répondant plus justement aux appels à l’action.
Projet 4 - Activités de communication auprès des Premiers Peuples

Le projet visa à mener des actions qui répondent aux besoins exprimées par les responsables des enjeux autochtones de nos institutions, soit de se doter de ressources pour entretenir des liens plus étroits avec les communautés. Le milieu autochtone exprime également ce besoin. Par exemple, le Regroupement des centres d’amitié autochtone conclue dans un rapport qu’ « une collaboration étroite entre les écoles et le Centre d’amitié autochtone de chaque région permet l’échange d’informations et le dialogue afin d’être davantage en mesure de répondre adéquatement et de manière dynamique aux besoins et réalités spécifiques des jeunes autochtones, quel que soit le type de transition scolaire vécue ».

Pour ce faire, il est envisagé de créer une stratégie régionale pour développer et soutenir les relations avec les communautés, à travers le développement d’outils pérennes pour accompagner les étudiantes et étudiants potentiels et les acteurs scolaires les soutenant dans leur transition. Il s’agit là d’un des moyens inscrits au plan de travail visant à accroître la représentation des autochtones en enseignement supérieur.

Créations d’outils « orientants »

Les outils développés visent à un meilleur accès à l’information quant aux ressources et aides disponibles dans la région.

  1. Développement d’une page Web commune (cégeps et UQAC) permettant la diffusion des informations pertinentes telles que :
  • Les trucs et étapes pour favoriser une transition harmonieuse;
  • Les coordonnées des responsables de l’accueil et de l’accompagnement des étudiantes et étudiants autochtones;
  • Les liens vers les programmes contingentés avec places réservées aux étudiantes et étudiants autochtones;
  • Les formations spécifiquement dédiées aux étudiantes et étudiants autochtones;
  • Les services d’hébergement;
  • Mesures d’accompagnement offertes dans les établissements.

2. La création d’un outil commun de présentation des services, offre de formation et initiatives régionales, en format traditionnel papier, pour s’assurer de rejoindre le plus grand nombre. Cet outil serait polyvalent, de type brochure, à remettre tant aux élèves, à la famille qu’aux intervenantes et intervenants de la communauté.

3. Contenus interactifs permettant de démystifier les études supérieures et optimiser les transitions, en contribuant à la sécurisation culturelle.

Projet 5 - Projet Rapprochements : documentaire, tournée et plateforme

Le projet vise à créer et diffuser des outils pour contribuer à la lutte contre l’intimidation subie par les communautés étudiantes des Premiers Peuples en enseignement supérieur.

Le projet « Rapprochements entre collectivités autochtones et allochtones : étude de pratiques sociales favorables à la
décolonisation des relations intergroupes » est mené sous la direction de Mathieu Cook, co-titulaire de la Chaire UNESCO en transmission culturelle chez les Premiers Peuples comme dynamique de mieux-être et d’empowerment (UQAC).

L’équipe du projet Rapprochements documente déjà actuellement des pratiques développées par des organismes à but non-lucratif (OBNL) visant à décoloniser les relations entre Québécois et Autochtones (p.ex. par la sensibilisation du public aux réalités autochtones). Dans le cadre d’une entente avec l’Université Concordia (mars 2021 à mars 2024), l’équipe a également mis sur pied, en partenariat avec la Boîte Rouge VIF (BRV), des ateliers de formation aux techniques audiovisuelles avec un groupe de 10 jeunes participant.es autochtones.

Parmi les résultats de cette démarche, on compte la production de 3 courts métrages de 12 à 15 minutes abordant les thèmes de la discrimination et du racisme. La démarche ayant mené à la production de ces petits films est marquée par la co-création, le développement du pouvoir d’agir des participant.es et la décolonisation des pratiques en recherche-création. Le calendrier des actions issu de cette entente prévoit la production d’un court documentaire à propos :

1) d’actions menées par des OBNL et documentées par le biais de Rapprochements ;
2) des ateliers de formation à l’audiovisuel.

C’est donc sous l’angle du partage de stratégies novatrices que ce court documentaire a été imaginé. Le documentaire
n’a pas encore été scénarisé puisque sont actuellement recueillies les images et les idées nécessaires à cette
scénarisation.

Chantier de la transition vers l’enseignement supérieur des Premiers Peuples

Répertoire des ressources utiles, propres à la communauté étudiante autochtone, dans les établissements d’enseignement de la région

 

Tous les établissements d’enseignement supérieur au Saguenay—Lac-Saint-Jean proposent un vaste éventail de services et de ressources afin de faciliter l’arrivée des nouveaux admis dans l’organisation. Pour connaître les mesures en place, cliquez sur l’établissement qui vous intéresse.

Collège d’Alma

Cégep de Chicoutimi

Cégep de Jonquière

Cégep de Saint-Félicien

Université du Québec à Chicoutimi

 

WEBINAIRE | Recherche portant sur les transitions des étudiant.es autochtones et dévoilement des outils de transfert

12 janvier 2024

Recherche
Favoriser les transitions afin de soutenir la persévérance scolaire des étudiants.es autochtones au Saguenay-Lac-Saint-Jean

Présentation
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Outils à imprimer
Dépliant à l’intention des proches et des familles

Affiche à l’intention des personnes intervenantes

Dépliant à l’intention des personnes étudiantes autochtones