Une situation qui s’améliore, mais des inégalités qui persistent
Les membres des Premières Nations demeurent moins nombreux que les allochtones à détenir un diplôme d’études postsecondaires.
Entre 2001 et 2021, le taux de diplomation des Autochtones est passé de 39 % à 49 % au Canada contre près de 70 % chez les personnes non autochtones, selon Statistique Canada. Au Québec, un récent rapport du vérificateur général indiquait que 31,4 % des Autochtones âgés de 25 à 34 ans n’avaient aucun certificat ni diplôme, contre 9,3 % pour les non-Autochtones. – Pascaline David, Le Devoir
L’écart entre les taux de diplomation aux études supérieures prend racine dans la réalité sociohistorique des populations autochtones, alors que l’éducation visait leur assimilation en effaçant toute trace de leur culture d’origine. Il faut rappeler qu’en plus des pensionnats qui ont marqué les générations, la Loi sur les Indiens déterminait jusqu’en 1984 qu’un membre issu des Premières Nations perdait son statut lorsqu’il obtenait un diplôme universitaire.
En plus de l’expérience du choc culturel et de l’isolement pouvant être vécue, les réalités auxquelles sont confrontés les étudiants et étudiantes autochtones en transition dans le nouveau milieu scolaire allochtone peuvent conduire au renoncement du projet d’études. Les enjeux peuvent être multiples, entre autres :
- L’éloignement géographique de la famille et de la communauté requis pour accéder aux établissements d’enseignement supérieur qui ne sont pas à proximité.
- Les obstacles financiers, par exemple pour l’étudiante ou l’étudiant n’ayant pas accès à un programme de soutien.
- La barrière linguistique lorsque la langue maternelle de l’étudiante ou l’étudiant est une langue autochtone et que le français ou l’anglais est sa langue seconde.
- Les défis inhérents aux parcours scolaires atypiques en contexte de retour aux études ou en tant que parent étudiant.
- Les micro-agressions, préjugés et racisme dont les étudiantes et étudiants autochtones sont susceptibles d’être victimes.
- Le manque de repères culturels dans le nouvel environnement d’études ne contribuant pas au développement du sentiment d’appartenance.
- L’absence ou la méconnaissance de services culturellement adaptés ou encore la méfiance envers ceux-ci.
- Les défis d’inclusion et d’équité au sein des établissements.
Du nombre des facteurs qui facilitent les transitions scolaires, il est possible de relever la présence de modèles de succès ou de mentors.es, la présence des aînés.es, le soutien des pairs et de la famille, l’engagement social, la motivation et l’engagement personnel, le soutien de l’établissement scolaire, ainsi que le soutien des centres autochtones en milieu urbain. — UQAC et ÉCOBES (2023)
Pour aller plus loin sur le sujet
Reconnaître les Premiers Peuples au collégial : Guide d’accompagnement pour l’élaboration d’un plan institutionnel
Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec.
(2026). Reconnaître les Premiers Peuples au collégial :
Guide d’accompagnement pour l’élaboration d’un plan
institutionnel.
Valorisation et inclusion des perspectives des Premières Nations et Inuit en enseignement
— ÉMILIE DESCHÊNES (Mars 2024)
Accès aux études supérieures et soutien à la persévérance et à la réussite des étudiantes et des étudiants autochtones au Québec et au Canada
— OBSERVATOIRE QUÉBÉCOIS DES INÉGALITÉS (Février 2026)
Quelles sont les caractéristiques de la population étudiante autochtone entrée à l’Université du Québec en 2022?
Bonin, S. (2023). Quelles sont les caractéristiques de la population étudiante autochtone entrée à l’Université du Québec en 2022 ? Direction de la recherche institutionnelle, Université du Québec.
Portrait des étudiants autochtones
Enquête sur la réussite à l’enseignement collégial
— IRIPII ET ÉCOBES (Avril 2023)
Favoriser les transitions afin de soutenir la persévérance scolaire des étudiant(e)s autochtones au Saguenay-Lac-Saint-Jean
— UQAC et ÉCOBES (2023)
Comprendre et soutenir les transitions scolaires harmonieuses chez les jeunes autochtones en milieu urbain
— Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec (2020)
Favoriser la persévérance et la réussite éducative des étudiants autochtones au postsecondaire
— Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec (2020)
Rapport Étudiants des Premiers Peuples en enseignement supérieur
— CAPRES (2018)